Barbe Bleue

Saturnine a trouvé une location confortable et peu coûteuse. Son nouveau propriétaire, Elemirio, l’a choisie parmi de nombreuses autres candidates qui se pressaient pour être l’heureuse élue, en dépit de la réputation sulfureuse du noble hidalgo parisien.
Elemirio entraîne Saturnine dans un tourbillon de luxe, de confort, de haute gastronomie qui semble faire perdre ses défenses et sa prudence à la jeune locataire.
Jusqu’où ira cette relation peu probable mêlée de plaisir, d’humour, de somptueux bavardages et de festins délicieux ?
Saturnine respectera-t-elle le seul interdit qui lui ait été « brutalement »  signifié ?
Et trouvera-t-elle le défaut de la cuirasse de cet ogre ?


 

La pièce

La Barbe Bleue est un conte populaire, dont la version la plus célèbre est celle de Charles Perrault, dans Les contes de ma mère l’Oye. Le conte de La Barbe Bleue aborde le thème du  mariage, du  point  de vue de la jeune fille. Il éduque la lectrice au devoir d’obéissance. Car si  la Barbe Bleue est décrit comme une sorte d’ogre, les choses se passent parfaitement bien entre les époux jusqu'à ce que la jeune mariée transgresse la règle fixée par le chef de famille. On peut imaginer que c’est la même désobéissance qui a conduit les funestes épouses jusqu’à leur tragique destin.

Le roman d’Amélie Nothomb est une version nouvelle de l’histoire de Charles Perrault. L’ogre d’aujourd’hui n’a presque pas changé. Il est aussi laid, riche et inquiétant que celui du conte, mais il a ajouté à sa panoplie une sorte d’érudition pédante, qui ne manque pas de charme à petites doses. C’est aussi un homme très seul.                                                    

Et c’est là sa faiblesse, son coté « humain ».

La jeune fille est  une jeune femme d’aujourd’hui. Elle sait les dangers qu’elle encourt avec l’ogre, mais elle se sent assez forte pour les affronter. Et de toute façon, elle n’a pas le choix. Elle a économiquement besoin de faire face à ce qui lui fait peur.

La question est simple : qui mangera l’autre? Parce qu’il n’y a pas d’alternative, la survie des personnages réside obligatoirement dans l’anéantissement de l’autre.

 

Amélie Nothomb

 

Fille de diplomate belge, Amélie Nothomb est née le 13 août 1967 à Kobé, au Japon.

Elle publie en 1992 son premier roman Hygiène de l’assassin, unanimement salué par la critique et le public.

En vingt ans de carrière, Amélie Nothomb a notamment été récompensée par le Grand Prix du Roman de l’Académie française 1999, le Grand Prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre et le Prix de Flore 2007.