LE BAC 68

Le Bac 68 est l'adaptation d'un épisode de L'Homme qui danse, version complète et
originale de La Danse du Diable : Le Théâtre selon Ferdinand. Ce spectacle aura pour
première ambition, comme son titre l'indique, de raconter aux jeunes gens d'aujourd'hui
comment leurs parents (ou grands-parents…) ont passé le bac en cette année
emblématique ; péripétie qui, comme on le sait, ne fut pas piquée des vers… Il aura
comme intérêt ensuite de faire revivre en direct par les personnages clefs de La Danse du
Diable, Claudine, la mère, et Ferdinand, le fils, la montée et l'arrivée au sein d'une banale
famille française de ces évènements historiques qui ont bouleversé la société occidentale.
Les choses n'ont plus jamais été après ce qu'elles étaient avant, n'en déplaise aux
méchantes langues et mauvais esprits qui ne sont pas les derniers pourtant à profiter
encore des progrès, de société en particulier, qui en sont issus. En ces temps de
révisionnisme général, il me semble que rappeler ceci, sous une forme comique et
populaire qui plus est, tient presque du devoir civique et républicain… ! Le but restant,
bien sûr, d'abord et malgré tout, de faire rire petits et grands.
Histoire dans l'histoire, digression dans le récit ou parenthèse enchantée, Le Bac 68
pourra être aussi bien apprécié par ceux qui en auront suivi le récit principal tel qu'il est
développé dans La Danse du Diable et qui seront curieux d'en découvrir un ressort caché,
que par ceux qui n'auraient rien vu encore et que la perspective d'un spectacle plus court
(1 heure 30 au lieu de 3) rassurerait pour une première prise de contact avec mon travail,
mon œuvre, ou comme on dit : « mon univers » !
Philippe Caubère,
le 3 mars 2015

La Danse du Diable

histoire comique et fantastique,
écrite, mise en scène et jouée par Philippe Caubère

 

 

 

Un petit banc à l'avant-scène, recouvert d'un châle rouge écossais.
NOIR.
Quelqu'un entre. On entend le bruit de ses pas sur le plateau.
LUMIÈRE.
L'homme est assis sur la chaise.
Il se lève.

PROLOGUE

Il était une fois, dans un pays que vous ne connaissez pas, une ville immense, grise et froide. Un jour, sur les murs de cette ville, apparut une affiche. Elle annonçait un spectacle de théâtre : La Danse du diable, histoire comique et fantastique. Poussé par la curiosité, on se rua. Un autobus avait été prévu, on s'y entassa gaiement. On mangeait du fromage. Hélas, au bout de quelques heures, l'autobus s'arrêta. C'était la panne. «De qui se moque-t-on ?» entendait-on. «C'est un scandale !» Autour, rien. La campagne noire. Alors, on se mit en route, à pied. Très vite, l'enfer commença. Pluie, neige, vent. Pendant quelques jours on put encore trouver du ravitaillement et puis la famine s'abattit sur la petite troupe des spectateurs. On tira z'a la courte paille. Le sort, bien sûr, tomba sur la plus gros. C'était un homme adorable. Il sut mourir sans faire d'histoire. On traversait des torrents glacés, sur des rochers qui glissaient et les eaux emportaient le corps d'une grande et belle femme, entortillée dans son manteau avec son sac. Ô grand lys blanc, tu disparus dans le bouillon. Mais on continuait. Pourquoi continuait-on ? était-on poussé par l'amour du théâtre, un amour devenu frénésie ? était-ce la peur de se perdre, d'être abandonné par les autres en route, tout seul, tout petit ? Je ne le crois pas. Je crois que c'était plutôt la volonté de se plaindre. Se plaindre au responsable d'une telle affaire. Aussi, quelle ne fut pas la déception de la petite bande de survivants, qui, pénétrant péniblement dans cette bâtisse sordide, ne virent sur la scène qu'une chaise, qu'un banc et qu'un chiffon!
(Il se rue vers l'avant-scène, enjambe le petit banc et apostrophe le public. )

La Danse du diable, histoire comique et fantastique ! Tout de même! On ne nous aura pas fait vivre ce cauchemar, gravir ce golgotha pour ne voir que cela? Une chaise, un banc et un chiffon! Et sur la scène un fou qui dit n'importe quoi. Qui dit n'importe quoi parce qu'il ne veut pas commencer son spectacle. Parce qu'il a peur de commencer son spectacle ! Ah oui, mais pourquoi fou, ce fou ? Je vous le demande. À vous, monsieur, qui m'observez les yeux brillants de fièvre et d'épouvante. À vous qu'on a grugés, vous qui vous entassez frileusement les uns contre les autres, grotesquement juchés sur ces bancs inconfortables. À cause de qui ? À cause des autres. Parce que c'est toujours la faute des autres. Et moi, Ferdinand Faure, je le prouverai!

NOIR & MUSIQUE.

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Revue de Presse